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Rapport d'activité 2009 de la Bibliothèque municipale

Cette année 2009 a largement vu se poursuivre la tendance déjà constatée quant aux usages et pratiques culturels : multiplications des accès aux contenus qui eux-mêmes se diversifient, s'hybrident et suscitent autant d'habitudes nouvelles qu'il y a de façons d'être face à la technique, à la culture et aux institutions. Le fort développement des tablettes multimédias, des terminaux ultra mobiles et la croissance exponentielle des services sur internet font que l'ensemble des secteurs culturels est touché : la période de crise aidant, la remise en question des offres, services et supports semble s'amplifier et faire bouger des lignes que l'on eût pu croire rivées pour une longue période.
Le récent rapport sur les pratiques culturelles des français n'a pas été sans effet sur les professionnels concernés, tant il semble que le « public » évolue très vite, sans logique aisément récupérable par une stratégie raisonnée de l'offre et tend à profiter au mieux de la diversité des produits proposés au sein d'un univers devenant intégralement concurrentiel.

Les bibliothèques et médiathèques sont touchées au premier chef par ces évolutions et ne peuvent ignorer les signaux lancés par le réel : désaffection pour les services d'une partie de la population, baisse d'activité de certains fonds documentaires, changement dans les habitudes des publics, perte de l'évidence du statut de ressource documentaire qualifiée et incontournable. Internet et les terminaux mobiles sont passés par là, les transformations de la perception des contenus et de l'information aussi. L'image des bibliothèques est aussi en cause : une étude récente sur les rapports des jeunes aux bibliothèques a montré que pour les adolescents, la bibliothécaire demeure une dame peu sympathique, peu disponible et dont l'ennui se lit avec une confondante clarté... Pour les tout-petits en revanche, la bibliothécaire est une dame (encore) très gentille qui raconte des histoires. Est-il étonnant que les publics adolescents échappent alors à ces institutions, sans qu'on les voie revenir une fois devenus adultes ? D'autant que les tout-petits viennent en bibliothèque et pas les adolescents... La question de l'image est donc cruciale !

Quid de tout cela à Sceaux ? Le prêt de documents ne marque pour le moment pas de recul inquiétant : de 149.000 prêts en 2000, nous sommes passés à plus 173.000 en 2009 (166.000 en 2008). Le livre « adultes » marque un léger recul (60.105 prêts en 2000 contre 57.769 en 2009) tandis que la littérature jeunesse progresse (53.052 prêts en 2000 contre 66.796 en 2009).
Le fonds de romans est celui qui fonctionne le mieux (50.000 prêts en 2000 contre 54.000 en 2009) et l'emprunt des revues exprime une activité en forte croissance, passant de 11.300 prêts en 2000 à plus de 16.000 en 2009.
Si au niveau national, les phonogrammes font partie des fonds les plus touchés par la baisse d'activité, nous observons à Sceaux une tendance différente : de 32.148 prêts en 2000 nous passons à 33.089 en 2009 (32.419 en 2008). Certes, le rock a perdu plus de 30% de son activité mais d'autres genres résistent mieux : classique, chanson française, musique du monde qui sont, par ailleurs, très appréciés par nos usagers.
L'emprunt des DVD n'est pas en reste puisque ce support générait moins de 800 prêts en 2001 (création du fonds) et passait à plus de 13.000 prêts dès 2008 : l'accroissement de la collection, les orientations documentaires choisies et les conditions d'emprunts adaptées ont permis cette forte augmentation.

Si le nombre d'entrées a légèrement baissé (112.000 en 2000 contre 108.000 en 2009) l'utilisation des collections n'en pâtit pas réellement. De fait, le nombre moyen d'emprunts annuels par carte passe de 35,5 en 2000 à plus de 44 en 2009.
Ce qui demeure préoccupant en revanche – rejoignant les tendances observées au niveau national – est l'érosion d'un certain public, jeune et actif : si les moins de 10 ans ont progressé de près de 50% depuis 2000, les 26-30 ans ont perdu 63% de leurs effectifs, les 31-35 ans plus de 52%. Il faut passer aux tranches supérieures pour voir la tendance s'inverser : +12% pour les 56-60 ans et +16% pour les 61-65 ans depuis 2000.
La question des non publics et de leur (re)conquête devra donc animer la réflexion stratégique de la bibliothèque pour les années à venir.


Pour télécharger le Rapport d'activité 2009 de la Bibliothèque municipale (au format PDF), merci de cliquer ici.

 


 
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