Notions majeures du Félibrige
Capoulié : le Capoulié est celui qui détient la responsabilité première du Félibrige. Il est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable par ses pairs, les félibres majoraux, ainsi que par les syndics et les délégués des maintenances. Il porte une étoile à sept branches, en or, insigne de sa charge. Il est aidé par un secrétaire général (baile), un trésorier (clavaire) et par des assesseurs (assessour). Frédéric Mistral fut le premier Capoulié du Félibrige.
La cigale est une des principales décorations du Félibrige. Les majoraux portent la cigale d’or, les assesseurs une étoile à 7 rayons d’argent, les Maître d’œuvre et maître en gai savoir portent la cigale en argent, les mainteneurs (les félibres) une pervenche. La reine du félibrige porte un rameau d’olivier en argent et est élue tout les sept ans au cours des jeux floraux par le maître en gai savoir.
Coupo Santo : en remerciement de l’accueil fait à Avignon, en 1866, au poète catalan Don Victor BALAGUER (cf. ci-dessus), expatrié pour des raisons politiques et en témoignage de la fraternité qui rapprochait la Catalogne et la Provence, les patriotes catalans et les amis de Balaguer envoyèrent au Félibrige un cadeau de grand prix : une coupe d’argent ciselée par le sculpteur Fulconis, d’Avignon. Elle provenait d’une souscription de 1800 signatures et fut commandée à l’orfèvre parisien Jarry, les évènements d’Espagne n’ayant pas permis de la fabriquer à Barcelone. Autour de la conque et au dehors, écrit sur une bande tressée avec du laurier fut gravée l’inscription suivante : Souvenir offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l’hospitalité donnée au poète catalan Victor Balaguer. 1867. Sur le piédestal furent finement gravées les inscriptions suivantes : Elle est morte, disent-ils, m ais je crois qu’elle est vivante ( VictorBalaguer) , Ah ! s’ils savaient m’ entendre ! Ah ! s’ils voulaient me suivre ! (Frédéric Mistral).
Lien vers le chant de la Coupo Santo
École félibréenne : l es associations qui se reconnaissent dans les idées du Félibrige peuvent y adhérer et devenir ainsi Écoles Félibréennes (Escolo Felibrenco). Il en est plus de 150 réparties sur l’ensemble des pays d’oc, qui défendent la langue et tentent de la promouvoir par diverses actions dans les domaines de l’enseignement, de l’édition, de la chanson, du théâtre ou encore de la connaissance du patrimoine artistique, historique et traditionnel.
L’Étoile à sept branches est le symbole du félibrige. Estello signifie étoile en provençal : le félibrige ayant été fondé le 21 mai, Sainte Estelle est ainsi devenue la patronne du mouvement. Le chiffre 7 est hautement symbolique dans le cadre du Félibrige : 7 primadiés, 7 régions de langue d’oc composent 7 maintenances que sont : l’Auvergne - La Catalogne - le Roussillon - La Gascogne-Bearn - La Guyenne-Périgord - Le Languedoc - Le Limousin - La Provence.
Félibre : l es membres du Félibrige sont appelés Félibres. Ils peuvent être mainteneurs ou majoraux. Le mot félibre (vraisemblablement issu du bas latin fellebris, nourrisson, selon l’image qui fait des poètes les nourrissons des muses, cf. REY, Alain, 1992) aurait été emprunté par Mistral à une cantilène qui se récitait naguère à Maillane, son village d’origine, dite l’Oraison à Saint Anselme. C’est à partir du mot félibre qu’ont été créés les dérivés félibrige, pour désigner l’œuvre et l’association, félibresse, féminin du mot félibre, ou encore l’adjectif félibréen pour désigner ce qui se rapporte au Félibrige.
Félibrée ou fête félibréenne : existe depuis 1876, moment où le Félibrige s’est organisé en association complexe de sept provinces (ou maintenances) présidée par un capoulié.
Le Félibrige est une association littéraire fondée le 21 mai 1854 par Frédéric Mistral et 6 autres poètes provençaux pour assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de la langue d’oc.
Les jeux floraux : f ondés à Toulouse au XIVe siècle par un groupe de sept troubadours, les Jeux Floraux constituaient un concours annuel de poésie en langue d’oc, sur un sujet glorifiant Dieu ou la Vierge. Une violette d’or bénite était la récompense du vainqueur, les autres concurrents recevant également des fleurs façonnées par un orfèvre, églantine, souci ou œillet d’argent.
Au XVIe siècle, le groupe de troubadours se baptisa Collège de rhétorique, avant de se transformer un siècle plus tard, sur ordre de Louis XIV, en Académie comprenant quarante membres, comme l’Académie française.
Pendant la Révolution, les Jeux floraux disparurent pour renaître peu de temps après. Sous l’impulsion de Frédéric Mistral, la langue d’oc fait de nouveau son apparition à l’Académie en 1895.
Dans le cadre de la félibrée, les Jeux Floraux ont lieu tous les sept ans. On y désigne un lauréat, le « maître en gai savoir » qui choisit pour sept ans également la « Reine » du félibrige, pour son charme et son talent à s’exprimer dans la langue régionale.
Maintenance : l e Félibrige est divisé en sept régions administratives appelées maintenances correspondant à peu près aux grandes aires linguistiques de la langue d’oc, auxquelles il faut ajouter l’aire roussillonnaise de la langue catalane. Actuellement, le Félibrige compte sept maintenances qui sont les Maintenances d’Auvergne, de Catalogne-Roussillon, de Gascogne-Béarn, de Guyenne-Périgord, du Languedoc, du Limousin et de Provence.
Mainteneur : q uiconque adhère au Félibrige pour défendre la langue et la culture d’oc est nommé mainteneur (mantenèire). Les mainteneurs portent comme insigne une pervenche d’argent. Certains d’entre eux portent une cigale d’argent : ce sont les maîtres en gai savoir (mèstre en gai-sabé) reconnus pour leurs mérites littéraires ou les maîtres d’œuvre (mèstre d’obro) reconnus pour leur action. Les mainteneurs sont en nombre illimité.
Majoral : l e Félibrige possède en son sein une académie appelée consistoire (counsistòri), garante de la philosophie félibréenne, composée de cinquante majoraux, dont le Capoulié, élus à vie par cooptation. Le majoral (majourau) est détenteur d’une cigale d’or portant le nom que lui donna son premier titulaire. Respectant l’usage académique, les nouveaux majoraux sont invités à prononcer après leur élection l’éloge (laus) de leur prédécesseur.
Membre associé : l e Félibrige est représenté à l’étranger par des membres associés appelés Sòci. Universitaires, traducteurs, chercheurs... ils sont actuellement plus de 50 répartis dans le monde entier et ont tous généralement participé à des travaux d’érudition sur la langue d’oc. Le titre de sòci, titre honorifique, a été également donné à titre tout à fait exceptionnel à la ville de Sceaux, près de Paris, pour son action en faveur du Félibrige.
Noël : en Provence, Noël est avant tout une réunion de famille et d’amis qui se prépare un mois à l’avance. La veillée est accompagnée de cantiques, de récits et d’un souper pris en commun. La famille doit se munir d’un calendrier de l’Avent (du 1er au 25 décembre) : celui-ci permet d’organiser Noël au quotidien et fait patienter les enfants. Selon la tradition provençale, le 4 décembre (Sainte Barbe) est consacré à semer le blé qui est disposé sur du coton imbibé d’eau : si le 25 décembre, le blé a bien germé, la moisson sera bonne, si au contraire, les grains ont pourri, le présage est mauvais ! En Provence, le sapin de Noël est toujours accompagné de sa crèche, qui représente la vie d’un petit village provençal en miniature, dans les moments qui précèdent et suivent la naissance du Christ. Une légende provençale raconte ainsi que Jésus serait né en Provence et non à Bethléem. Les figurines utilisées sont appelées santons (santoun : petit saint) Faites d’argile, elles portent parfois de véritables vêtements et représentent toutes les professions qui existaient autrefois comme le forgeron, les fileuses de laine, accompagnés des personnages principaux (le berger offrant l’agneau, la femme à la poule noire dont le bouillon est recommandé au nouveau-né, la poissonnière, le boulanger, le pêcheur, etc.) et de nombreux animaux (moutons, l’âne et le bœuf...). Les personnages bibliques sont bien entendu représentés, de Joseph à Marie en passant par les Rois Mages.
La Foire aux santons existe depuis 1802. Cette tradition, respectée par les Provençaux, vient de la fête de la Nativité et de la naissance du premier santon, les santonniers s’inspirant de la tradition et du folklore provençaux. La crèche provençale connaît un véritable succès depuis la Révolution française, époque où les messes et les crèches étaient interdites, ce qui conduisait les provençaux à faire visiter leurs crèches « publiques » à domicile.
Parallèlement, si la décoration du sapin de Noël est traditionnellement attribuée aux enfants, les parents réalisent l’arbre à friandises, que les enfants ne découvrent que le soir de Noël. Réalisé à partir d’une belle et grande branche ou d’une plante assez haute, les boules sont remplacées par de grande quantités de fruits, bonbons et sucreries diverses tandis que sont substituées aux guirlandes des rangées de guimauves.
Le soir de Noël, l’allumage de la vraie bûche de Noël s’appelle cache-fio ou le cacho-fue symbole du feu nouveau et de la nouvelle année qui s’annonce. Toujours selon la tradition, la première bûche doit être en olivier ou en merisier. On déverse sur la souche du vin cuit avant de la mettre dans l’âtre (on boute le feu) tout en entonnant les célèbres souhaits d’allégresse (lien vers le chant). Le doyen de la famille doit impérativement être là lors de cette cérémonie qui a lieu avant le souper précédant la messe de minuit, vers 18 heures, la tradition provençale insistant sur la dimension religieuse et sacramentelle de la fête. La table de Noël quant à elle doit être recouverte de trois nappes blanches, trois chandeliers et de blés de la Sainte Barbe. Le repas se compose généralement de ce que l’on possède : cardons, chou-fleur, céleri accompagnés d’une anchoïade, morue, escargots, tout cela avec moult sauce car il fallait manger beaucoup de pain pour passer la faim. Il s’agissait à l’origine d’un dîner « maigre ».
Occitan : l’occitan est la langue du Midi de la France et, comme le français, l'italien ou le castillan, c'est une langue romane à part entière, dérivée du latin et enrichie d'apports divers et variés. Langue écrite et parlée dans une aire géographique couvrant encore aujourd'hui 32 départements, l'occitan, bien que possédant plusieurs dialectes, a été une grande langue de culture européenne. Depuis la croisade albigeoise et l'annexion du Midi au royaume de France, en 1271, l'occitan a été supplanté par le français, en dépit de la renaissance, initiée par le Félibrige et Frédéric Mistral, au XIXème siècle. L'école publique, le brassage de la guerre de 14-18, et, aujourd'hui, radios et télévisions ont achevé de le marginaliser, en dépit des calandretas et de la qualité des écrivains occitans modernes.
Primadié : l a tradition veut que le Félibrige ait été fondé au château de Font-Ségugne à Chateauneuf-de-Gadagne (Vaucluse) le 21 mai 1854 par sept jeunes poètes provençaux : Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan. Ils sont appelés « li primadié ».
Reine : t ous les sept ans sont ouverts de grands Jeux Floraux, ou concours littéraires, venant récompenser des écrivains de langue d’oc. Le grand lauréat, nommé maître en gai savoir, a le privilège de choisir la Reine du Félibrige. Accompagnant souvent le Capoulié, la Reine a pour insigne un rameau d’olivier en argent. Elle préside la cour d’amour, spectacle hérité des troubadours, où se mêlent danses, chants et poésies.
Sainte-Estelle : l a Santo-Estello est le Congrès du Félibrige qui se tient chaque année dans une ville différente des pays d’oc. Dès sa fondation, le Félibrige se plaça sous le patronage de cette sainte dont le nom signifiant étoile amena les félibres à prendre pour symbole une étoile à sept branches, en souvenir des sept fondateurs. La Santo-Estello donne lieu tous les ans à d’importantes réunions de travail et à de grandes fêtes
Santons : figurine de la Crèche provençale. Apparus en Provence au XVIIIe siècle, la crèche et les santons connaissent un grand succès depuis le milieu du XIXe siècle. Au moment de Noël chaque famille rivalise d'ingéniosité pour mettre en valeur sa crèche. Autour de l'étable où se trouve la Sainte famille, les Rois Mages, l'âne et le boeuf, les santons représentent des personnages hérités de la pastorale et des petits métiers typiques de la région : le maire, le meunier, le chasseur, la boulangère... Le premier modèle est conçu entièrement à la main par le santonnier. Un moule en plâtre est coulé sur ce premier modèle, qui servira à la production en série. Une fois sorti du moule, le santon sera ébarbé, puis mis à sécher. Selon la taille du sujet, le séchage peut varier de trois jours à deux mois. Ensuite il sera passé au four à 900°, pour atteindre cette température, 12 heures sont nécessaires et 24 heures pour le refroidissement. Le santon passera à la décoration qui exige beaucoup de patience et d’application. Pour ce travail, la peinture à l’huile est utilisée. Le santonnier travaille généralement en famille aidé de quelques employés. La crèche se construit dans les maisons au moment de Noël, autour de l’étable où naquit l’enfant Jésus, viennent se rejoindre personnages bibliques, et personnages de la vie quotidienne provençale, métiers traditionnels, personnages typiques de la région. On rivalise à ce moment-là d’ingéniosité pour mettre en valeur sa crèche. Foire aux santons : chaque année durant tout le mois de décembre.
Syndic : l es maintenances sont chacune administrées par un syndic (sendi). Animateur et coordonnateur des actions félibréennes engagées au sein de la maintenance, il est aussi le lien entre celle-ci et les différentes assemblées. Le syndic est aidé dans sa charge par un secrétaire, un trésorier et des vice-syndics. Il porte une étoile à sept branches en argent, insigne de sa charge.
Tarasque : dragon du fleuve, appartenant au folklore légendaire provençal. Cracheur de feu, mangeur d’hommes, terrorisant la ville de Tarascon et ses environs, symbole de la nature hostile, elle aurait été domptée par sainte Marthe. Une tarasque sculptée par Arturo TEJERO en 1985 (étain, laiton, cuivre), fut donnée à la bibliothèque municipale de Sceaux en 1988 et est visible à l’Institut Florian.